Un peu d’histoire

Dans l’Europe du XVIe siècle, des hommes critiquent l’Église catholique – on les appelle les protestants ; ils créent une Église différente, dite « réformée ». D’où l’expression « Réforme protestante ». Littéralement, protester signifie « attester devant », oser changer l’existant au nom de convictions affirmées fortement.

Martin Luther (1483-1546) est un moine allemand, professeur de théologie à l’université de Wittenberg, en Saxe. Il reproche à l’Église catholique des abus. Le 31 octobre 1517, il affiche sur la porte de l’église du château de Wittenberg ses 95 thèses qui dénoncent le système des indulgences. Luther estime que les bonnes actions (a fortiori quand on les « achète »), ne peuvent assurer le salut aux yeux de Dieu, seule la foi le peut. Ses théories dans le domaine spirituel font scandale et se répandent partout en Europe grâce à l’imprimerie. Si bien qu’en 1520, le pape Léon X publie une bulle lui demandant de cesser ses critiques et de reconnaître ses erreurs. Luther refuse et brûle publiquement la bulle. Il est alors excommunié, c’est-à-dire expulsé de la communauté des croyants. La rupture est consommée. Luther va s’efforcer de créer une nouvelle Église et donne beaucoup d’importance à la connaissance de la Bible. Du vivant de Luther, d’autres réformateurs sont actifs. S’ils ont la même hostilité à l’égard de l’Église catholique, ils soutiennent parfois des idées et des doctrines différentes.

En France le plus connu est Jean Calvin (1509-1564). Il se convertit au luthéranisme en 1533 et en 1541, il s’installe à Genève. Son influence est importante en Suisse et en France, mais aussi aux Pays-Bas et en Hongrie. Après 1550, les calvinistes français sont pourchassés par le pouvoir royal. Éclatent alors des guerres de Religion. Les Protestants n’obtiendront le droit de célébrer librement leur culte sur le territoire français qu’en 1787, par un édit dit « de Tolérance », à peine deux ans avant la révolution française…